L'école nuit à l'éducation !!!

Publié le par bouchine

L'école nuit à l'éducation !!!
L'école nuit à l'éducation !!!L'école nuit à l'éducation !!!

Cette affirmation n'est pas de moi (même si je partage en grande partie ce point de vue ) mais d'Ivan Illich, penseur et partisan de l'écologie politique , grand critique de la société industrielle.

Ivan Ilitch,né en Autriche en 1926 et mort à Brème en 2002 a publié quatre livres majeurs dont Une société sans école en 1971.

Ilitch ne mâche pas ses mots: pour lui, l'école est une "pollution sociale, nuisible à l'éducation car donnant l'impression d'être seule capable de s'en charger" [...] et il poursuit un peu plus loin: "Les capacités naturelles d'apprentissage de l'enfant se manifestent en dehors de l'école : ce n'est pas l'école qui apprend à l'enfant à parler, à jouer, à aimer, à sociabiliser, qui lui apporte la connaissance d'une deuxième langue, le goût de la lecture" pour finalement dénoncer l'abandon de "ces enfants de milieux modestes rejetés et laissés sans espérance..."

Voilà des propos extrêmement visionnaires qui trouveraient facilement leur place dans nos débats contemporains...

Déjà en 1914, Ferdinand Buisson cofondateur et président de la Ligue des droits de l'Homme et président de la Ligue de l'enseignement écrivait :« Nous ne pouvons plus souscrire à l'antique division entre un enseignement primaire destiné au peuple et un enseignement secondaire réservé à la bourgeoisie »

Plus récemment, Pierre Bourdieu, sociologue français, élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, un des acteurs principaux de la vie intellectuelle française, dans un travail critique sur l'institution scolaire, accompli pour l'essentiel en collaboration avec Jean-Claude Passeron,analyse le rôle de l'école dans la reproduction des inégalités sociales.

Cette école laïque et républicaine qui, à l'origine, était perçue comme une chance pour tous les enfants, et non pas seulement pour une élite, d'accéder à un statut socioprofessionnel meilleur que celui de leurs parents (ce fameux rôle d"'ascenseur social") ayant depuis belle lurette cessé de jouer ce rôle.

Bien pis elle accentuerait les inégalités sociales puisque force est de constater la surreprésentation des enfants des familles culturellement favorisées dans l'enseignement supérieur, et à l'inverse la sous-représentation des enfants issus de milieux populaires...

Pierre Bourdieu va même jusqu'à parler de « complicité traditionnelle » entre les professeurs et les élèves issus des familles cultivées...(La Reproduction, 1970)...

Il va loin quand même !!!   Mais a-t-il complètement tort ?

Toujours selon P. Bourdieu, chaque individu intègre inconsciemment des « dispositions », c'est-à-dire des habitudes de comportement, de langage, de jugement, de relation au monde, qui sont propres à sa classe sociale. Cet ensemble de dispositions constitue ce que P. Bourdieu appelle un habitus. L'habitus est inconscient, il masque à nos propres yeux les           « conditions sociales de production » de nos comportements et de nos jugements.

Par exemple, les enfants des classes moyennes et de la bourgeoisie qui ont réussi à l'école pensent avoir bien travaillé ou être doués, mais se rendent rarement compte, ou très superficiellement, de ce qu'ils doivent à la culture et aux « dispositions » scolaires qu'ils ont héritées de leur famille. Les enseignants du secondaire et du supérieur, presque toujours anciens bons élèves, au moins dans leur discipline, sont donc en quelque sorte « accusés » par P. Bourdieu d'oublier ce que leur succès doit à leur héritage culturel. Ou bien, s'ils sont d'origine populaire, d'oublier les efforts exceptionnels qu'ils ont dû accomplir pour réussir à effacer les traces de leur culture d'origine...

Toujours d'après le sociologue, l'habitus des familles modestes ne leur donne pas les outils linguistiques et culturels pour contester efficacement les propositions d'orientation du conseil de classe, tandis que ces mêmes propositions sont influencées par les préjugés sociaux inconscients des enseignants...

Intéressant ...

Les faits sont là: La corrélation entre échec scolaire et milieux populaires se mesure aujourd'hui dès la deuxième année d'école primaire, et dans les filières prestigieuses du supérieur, les enfants des milieux culturellement privilégiés sont toujours largement surreprésentés.

Et les enseignants dans tout çà ? Coupables ou pas ?

Chaque fois que le sujet est abordé la profession enseignante tremble...

Que l'on veuille l'admettre ou pas, les enseignants ne parlent que très rarement le même langage - au sens large du terme - que leurs élèves issus de milieux défavorisés.

Bernard Charlot, chercheur en sciences de l'éducation, professeur émérite à l'université de Paris 8 dans Le Rapport au savoir en milieu populaire, Anthropos,1999 rapporte que "les collégiens de Seine-Saint-Denis comparent le langage des enseignants à celui des « hommes politiques »"...

Il est intéressant,dès lors que l'on s'intéresse à ces questions, de lire le rapport commandé par l'ancien ministre Xavier Darcos au linguiste français Alain Bentolila, professeur à Paris V, intitulé: "La Maternelle, un front des inégalités linguistiques et sociales" dans lequel il analyse le sujet, exemples à l'appui, de façon extrêmement claire.

Dans son dernier ouvrage au titre provocateur paru en septembre 2014,

Comment sommes-nous devenus si cons ? aux Editions First, Alain Bentolila refait allusion à une refondation devenue indispensable de l’École actuelle...

Ainsi la boucle est bouclée car Ivan Iliitch n'écrivait-il pas en 1971:

"...l’institution telle que nous la concevons n’est pas génératrice de solutions, mais la partie essentielle du problème à traiter".

En cette période de débats houleux autour de la réforme du collège, on pourrait se dire que puisque rien ne va plus il serait peut être judicieux d'essayer de changer les choses ...

Moi mon sentiment profond est que la priorité dans tout ça serait d'une part de réformer l'école élémentaire, "là où tout commence" ( je parle bien entendu d'une vraie réforme de fond, pas juste de changements ou d'allègements de programmes !) et d'autre part de redonner aux élèves motivation et confiance en eux parce que mine de rien, ça doit vachement leur casser le moral, à nos collégiens, d'entendre répéter que leur niveau est en dessous de zéro tout le monde en Europe ... ...

Maintenant y a plus qu'à ...

Et vous, qu'en pensez-vous ?

 

 

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Commenter cet article

nicole 21/05/2015 15:41

en effet les parents ne doivent pas laisser leur rôle leur mission éducative aux professeurs je t'embrasse

Bouchine 21/05/2015 17:04

Nous sommes bien d'accord Nicole et malheureusement certains ont tendance à tout mélanger éducation et enseignement et forcément tout se monde se renvoie la balle ! Combien de fois ai-je entendu des gens dire à des enfants le fameux "mais on ne t'apprend rien à l'école" alors qu'il s'agissait juste de règles de bienséance et de politesse...

linneagotbeauty 21/05/2015 00:11

oups un beug!!je disais que l 'enfant doit être orienté et pas dirigé automatiquement par des matières à la maison, qui lui plaisent , l'apprentissage du piano ou autres...aujourd 'hui certains parents ne savent plus rien faire sans la télé, et certains enfants ne savent même pas ce que cela veut dire ouvrir un livre, c'est dommage et triste...
l'école ne peut pas se substituer à des parents mais elle est terriblement importante....pour le savoir, et avoir un monde social et culturel.....

Bouchine 21/05/2015 17:05

Ah çà ! Et les parents ne se rendent compte que trop tard de l'étendue du désastre !!!

linneagotbeauty 21/05/2015 00:07

coucou


je pense que l'école est importante pour la connaissance, le savoir, l'apprentissage des langues....en revanche , un enfant , cela dépend dans quel milieux il vit, s'il est sollicité par ses parents de manière ludique sera capable de lire, en un temps record, l 'important c'est qu 'il soit sollicité p